dimanche 26 février 2012

Et prend les agriculteurs pour des ploucs [suite]

La photo était pourtant belle : le président entouré d'un essaim de gardes du corps pour éviter un remake du casse toi pov'con, bordé à sa gauche par le gentil et lisse ministre de l'agriculture toujours considéré à tort comme un bébé Chirac, et à sa droite par le vigoureux Christian Jacob,  président du groupe UMP à l'assemblée nationale, ancien président du syndicat des jeunes agriculteurs de Seine et Marne, autant dire un connaisseur. Il y avait aussi l'inévitable caution chasse et ruralité en la personne de Nihous soi-même qui est gentiment entré dans les rangs.

Pourtant il manquait une personne dans cette belle photo, et pas des moindres vu qu'elle occupe un poste important dans la campagne : la porte-parole du candidat. Nathalie Kościuszko-Morizet a mystérieusement et brutalement disparu des écrans radars après avoir été en permanence dans le sillage du président depuis plusieurs semaines. Qu'est-ce à dire ? A t-elle eu peur de coincer ses hauts escarpins dans les caillebotis des porcheries industrielles ou de souiller ses blanches et aristocratiques menottes ? La vérité, je le crains, est que l'entourage viril du candidat n' a pas voulu de l'ancienne ministre de l'écologie car la mode n'est évidemment plus au Grenelle.

Pensez-donc, après avoir occupé les gazettes avec son tout nouveau costume vert, le petit géant du même nom a vite tourné casaque après le fiasco retentissant des Grenelles un et deux. Incapable de fixer son attention sur un même sujet plus de deux jours, il s'est vite détourné de l'écologie et a laissé les autres bâcler les dossiers, comme un enfant suractif qui se désintéresse rapidement de tous ses jouets. Les agriculteurs devraient se méfier car avec eux comme avec les autres, il avait tout promis et finalement n'aura rien honoré.

Mais la photo était presque parfaite. Même les envoyés spéciaux des rédactions des chaînes tout infos mouillaient bruyamment leur culotte durant leur reportage. A l'image de J.Bertolus sur I-télé qui oubliant toutes les règles de la retenue journalistique, s'est mis à s'agiter fébrilement en louanges pour le maquignon du salon. Ou bien cette journaliste de BFM qui faisant fi de toute la déontologie qu'exige le métier, s'est trouvée opportunément sur le chemin du président pour lui demander : " Que répondez-vous à F. Hollande qui se gargarise de rester 10 heures dans le salon ? " Au grand bonheur du maître à penser Olivier Mazerolles qui devait boire son petit lait du matin.

Pourtant tout a été fait pour que cette journée soit marquée d'une pierre blanche, même un sondage aux petits oignons plaçant Sarkozy en tête des intentions de vote dans le monde agricole est sorti simultanément. 40% des agriculteurs interrogés étaient favorable au candidat de la droite. Ce qui nous laisse 60% de sondés qui ne sont pas d'accord avec lui ... une paille ! 

L'agriculture française va bien ! Voilà le maître mot de la visite du président. Certes, les grands céréaliers voient leurs revenus augmenter ainsi que les gros producteurs viticoles ... mais quid des autres ? C'est le grand classique du Sarkozysme : on prend  le seul exemple qui fonctionne et on cache derrière lui  tout ce qui ne marche pas.

Les 60% qui restent savent bien que ça ne va pas si bien que cela. Ils savent que les taux de suicides et de cancers sont très élevés dans la profession. Que la plupart des exploitants sont asphyxiés par les semenciers et les crédits. Qu'ils sont écrasés par la grande distribution et exploités par les distributeurs. De cela, pas un mot du président. 

Pas un mot non plus pour ceux qui veulent défendre un modèle sain et plus respectueux de l'environnement, des producteurs bio, de plus en plus nombreux. De ceux qui veulent défendre la diversité et le terroir contre l'industrie agro-alimentaire. Ceux qui ne veulent plus de marées vertes sur les plages bretonnes et qui s’élèvent contre l’agrandissement incontrôlé des exploitations porcines. 

Fidèle à sa triste et grotesque habitude, il s'est contenté de tirer quelques fléchettes sur son adversaire socialiste en raillant  la candidate écologiste et leurs soi-disant arrangements, histoire d'obliger la petite douzaine de personnes qui le suivait à rire alors que tout le monde avait en tête les dissensions et les guéguerres que se mènent les ténors de son propre parti.

La candidat joue avec les agriculteurs comme il a joué avec les français. Il profite du salon pour faire des belles images et des beaux commentaires à sa gloire, mais personne n'est réellement dupe et on a tous vu qu'il avait gardé longtemps dans sa bouche le morceau de saucisson qu'il n'arrêtait pas de mâcher et remâcher pour faire semblant. La question est : l'a t-il avalé ou bien craché dans la plante verte ?

3 commentaires:

  1. Respire, détends-toi, pense à autre chose ... plus qu'une soixantaine de jours à tenir, la comédie n'est pas finie !

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  2. Bembelly, oui le cirque aussi.

    Solveig, on se détend ! Plus que soixante jours et on recommence (peut-être ?) :)

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